|
Abstract:
|
L’architecture traditionnelle du bassin méditerranéen révèleaujourd’hui encore une extraordinaire richesse. Elle est le fruit etle miroir de sociétés habituées aux échanges intenses, c’est doncnaturellement et grâce à ces derniers qu’elle a pris formelentement.Il est important de souligner que cette architecture disparaît peu àpeu dans la mesure où elle répondait, à l’origine, à une logiqueque l’on pourrait qualifier de préindustrielle, où les changementsse faisaient peu à peu, où les formes de l’architecture se distillaientavec le temps et où les techniques de construction étaienttransmises de génération en génération, d’un père constructeur àun fils également constructeur (les « maîtres » ou « maalem » enarabe). Les sociétés qui habitent le bassin méditerranéen ontexpérimenté de profonds changements depuis l’arrivée del’industrialisation, point de départ de ce que l’on appelleaujourd’hui la mondialisation. Les communautés qui ont construitet habité cette architecture ont disparu, se sont éteintes, etd’autres perspectives l’animent aujourd’hui (les migrations, laconversion en tant que résidence secondaire, la ghettoïsation, lagentrification, la perte de la valeur immobilière face à laconstruction de nouveaux immeubles à leur emplacement, etc.1).Le regard empreint de mélancolie et de romantisme qu’elle nousinspire nous fait oublier que ses habitants doivent pouvoir latransformer pour l’adapter aux nécessités mais aussi aux rêves etaspirations de notre époque. Nous tenterons ici de dévoiler larichesse de cette architecture du point de vue bioclimatique et deréfléchir aux possibilités de la réhabiliter en tirant profit despossibilités qu’elle offre et en lui apportant le soin et le respectqu’elle mérite. |